Revue Française de Comptabilité - Avril 2020

Extrait de la Revue française de comptabilité – Avril 2020

L’IFAC, le normalisateur international de l’audit vient de publier une série de recommandations adressées à toutes les parties prenantes ou écosystème du processus d’audit en vue d’améliorer la qualité de l’audit. Selon l’IFAC, tous les participants à cet écosystème doivent agir de concert sur cinq facteurs clés qui participent à l’amélioration de la qualité des audits.

L’IFAC, le normalisateur international de l’audit vient de publier une série de recommandations adressées à toutes les parties prenantes ou écosystème du processus d’audit en vue d’améliorer la qualité de l’audit. Selon l’IFAC, tous les participants à cet écosystème doivent agir de concert sur cinq facteurs clés qui participent à l’amélioration de la qualité des audits.

Qualité de l’audit : les cinq facteurs clés

Selon l’IFAC tous les participents à cet écosystème doivent agir de concert sur les cinq facteurs ci-dessous, en vue d’améliorer la qualité des audits :

  1. processus d’audit ;
  2. professionnels comptables ;
  3. gouvernance des entreprises et des cabinets ;
  4. réglementations et normes professionnelles ;
  5. évaluation de la qualité de l’audit.

Remarque : l’écosystème d’audit comprend de nombreux participants dont les cabinets d’audit, les organisations professionnelles comptables, les régulateurs, les comités d’audit, les professionnels de l’audit et de l’assurance, les analystes, les agences de notation, les directions, ainsi que les employés, les vendeurs les fournisseurs et le public au sens large.

L’IFAC décrit ces cinq facteurs essentiels et les 13 éléments associés comme suit ( voir tableau récapitulatif à la fin de l’article ).

Processus d’audit

Selon l’IFAC, les services d’audit et d’assurance doivent continuer d’évoluer afin de répondre aux besoins croissants des parties prenantes. Ces dernières, plus particulièrement les conseils d’administration, les organes de gouvernance et la direction, doivent s’adapter en permanence à ce nouvel ordre de la façon suivante :

  • les parties prenantes doivent considérer l’audit comme un processus délivrant de la valeur ajoutée et non simplement comme un exercice de conformité ;
  • l’évolution des nouveau services d’assurance (contrôle interne, gestion des risques, détection de fraude ou forensic services, etc.) doit s’étendre pour mieux répondre aux besoins multiples des parties prenantes (surtout les investisseurs) ;
  • l’intégration de l’outil technologique dans les processus d’audit et les normes d’exercice professionnel peut permettre une revue beaucoup plus compréhensible de l’ensemble des transactions et donc conduire à un audit beaucoup plus efficace et efficient.

Professionnels comptables

La complexité grandissante du monde des affaires et le recours croissant à la technologie doivent conduire les cabinets multidisciplinaires à recruter des professionnels spécialisés. Un dialogue continu doit s’installer entre éducateurs et employeurs (cabinets et milieux d’affaires) pour permettre aux professionnels comptables de se doter d’aptitudes et de compétences pour remplir les services d’audit du futur :

  • la promotion de la diversité à l’embauche dans les cabinets et dans la profession comptable sert l’intérêt général, favorise la diversité des perspectives et des expériences, et peut contribuer à élever la qualité de l’audit ;
  • la poursuite dans les cabinets d’un modèle économique qui encourage la multidisciplinarité dans les métiers tout en préservant l’indépendance des auditeurs peut être un atout ;
  • l’accent dans les cabinets et dans la profession comptable doit porter sur l’amélioration continue des aptitudes, des compétences et du respect des principes fondamentaux d’éthique (formations continues et programmes de certifications robustes).

Gouvernance des entreprises et des cabinets

Selon l’IFAC, la réussite d’une entreprise, la qualité de son reporting et la qualité de ses audits dépendent d’un écosystème fonctionnant efficacement. Par exemple, les comités d’audit doivent participer activement à la définition du plan d’audit et fixer les conditions de la mission. Ses membres doivent posséder une solide expertise financière et comptable et une connaissance profonde des opérations de l’entité. Les comités d’audit doivent communiquer efficacement à certaines parties prenantes les décision critiques d’audit, les qualifications du cabinet, les conclusions majeures d’audit et les résultats des contrôles qualité.

Les professionnels comptables jouent, eux, un rôle clé dans toutes les étapes du processus de reporting et peuvent contribuer à un processus d’audit de qualité, en utilisant leurs compétences éthiques (Code d’éthique IESBA2) et techniques. Les auditeurs internes jouent aussi un rôle essentiel dans le suivi, la revue et la performance d’activités d’assurances internes. Les organisations professionnelles comptables doivent être transparents dans leurs rapports (assurance qualité globale) et de leur activités d’enquêtes disciplinaires.

Plus précisément, les éléments de cette gouvernance concernant :

  • la nomination des comités d’audit dûment qualifiés et indépendants ;
  • l’amélioration de la transparence et de la communication entre les comités d’audit, les cabinets et les organisations professionnelles comptables.

Réglementations et normes professionnelles

Selon l’IFAC, une bonne réglementation en audit comprend quatre éléments :

  • un référentiel de supervision de l’audit avec focus sur l’amélioration de la qualité et non que « les cases à cocher » ou sur les « procédures de sanctions » ;
  • des normes d’exercice professionnel adoptées globalement (exemple : IAASB, IESBA, etc.) et mises en œuvre efficacement dans des entités grandes ou petites par des professionnels compétents ;
  • un modèle économique adapté pour les cabinets ;
  • une bonne approche en ce qui concerne la responsabilité professionnelle des auditeurs.

Une réglementation appropriée doit inclure les aspects suivants :

  • le développement des normes d’exercice professionnel robustes et des offres variées de services d’assurance pour répondre aux besoins des entités plus ou moins complexes ;
  • l’adoption d’une approche prudentielle de la réglementation (responsabilisation, viabilité à long terme et impact de la profession d’audit sur la stabilité économique) ;
  • la réforme des régimes de responsabilité professionnelle des auditeurs (RCP) pour faciliter l’expansion de nouvelles offres de services d’assurance ;
  • l’application d’analyses basées sur les faits (éléments probants) et la prise en compte des impacts locaux lors des évaluations d’outils réglementaires controversés tels que la rotation des cabinets ou le joint audit (qui ne font pas l’unanimité dans toutes les juridictions).

Évaluation de la qualité de l’audit

Les audits jouent un rôle crucial en contribuant à la confiance sur les marchés financiers et les transactions économiques. Les audits contribuent également à limiter la corruption et à susciter un niveau plus élevé de confiance du public dans les institutions. Plus de 40 000 audits de sociétés cotées sont effectués chaque année dans le monde. Le nombre de défaillances d’audit est extrêmement faible. Cependant, il est toujours approprié d’identifier les causes profondes de ces déficiences d’audit.

Selon l’IFAC, la qualité de l’audit est une notion difficile à définir qu’il est possible de cerner à travers un cadre multifactoriel. C’est pourquoi l’IFAC par exemple, soutient les travaux sur les Indicateurs de Qualité de l’Audit (IQA) développés par le CAQ3 et dans d’autres juridictions, les peer reviews et autres initiatives qui visent à communiquer une meilleure compréhension de la qualité de l’audit.

l’IFAC encourage la profession à faire preuve de leadership pour mieux évaluer et communiquer les valeurs, la qualité et les améliorations de l’audit et à s’engager activement sur ces sujets en fournissant des données de meilleure qualité qui éclairent la compréhension. L’IFAC appelle les régulateurs et les organisations professionnelles comptables à collecter, analyser et publier des données dans le but d’améliorer la transparence et de promouvoir une meilleure qualité d’audit.

Une bonne évaluation de la qualité des audits requiert les recommandations suivantes : « Les cabinets, les organisations professionnelles comptables et les régulateurs doivent agir ensemble et sans relâche pour améliorer l’évaluation et les reporting de la qualité de l’audit ».

Eu égard à ce qui vient d’être exposé, il convient de retenir les aspects suivants :

  • les services d’audit et d’assurance doivent continuer d’évoluer afin de répondre aux besoins en constante évolution des parties prenantes ;
  • les audits de bonne qualité dépendent de professionnels agissant avec expérience, intégrité, indépendance, jugement professionnel, scepticisme professionnel et dans l’intérêt général ;
  • la bonne culture (valeurs d’éthique) et la bonne supervision sont essentielles pour réaliser des audits de qualité ;
  • les bénéfices de la réglementation doivent l’emporter sur les coûts ;
  • la nécessité d’une amélioration continue des processus d’audit doit aussi conduire à garder en permanence à l’esprit cet adage : « on ne peut pas bien évaluer ce qu’on n’a pas bien mesuré ».

Publié avec l’aimable autorisation de la Revue Française de Comptabilité.

L'écosystème et la qualité des audits